Prendre une correspondance

 

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Œuvre : Correspondances.

Action participative consistant à faire communiquer les usagers de 10 gares par peintures interposées.

Une peinture de 2 x 2 m était disposée pendant 10 h dans le hall d’une des gares sélectionnées. Les passants étaient invités à y laisser des messages pour les passagers d’une autre gare qui répondaient sur la même peinture selon le même principe. 5 œuvres différentes ont ainsi voyagé dans 10 gares durant l’été 2006.

Lieu : Région Languedoc / Roussillon, France, 2006.

Textes de référence :

11 Juin 2006, Perpignan, centre du monde.

 Indissociable de ma pratique relationnelle, le voyage et, plus encore, le nomadisme – avec ce qu’il comporte de confrontations, de renoncements et d’errances – est une notion à laquelle je suis très attaché. Comment mieux en rendre compte qu’en s’inspirant de la manière dont le fit Monet il y a bientôt 130 ans ? La « Gare Saint-Lazare » illustre en effet magistralement sa volonté d’aller sur le terrain pour y impressionner sa toile comme certains à l’époque le font déjà avec des plaques photosensibles.

En remontant une nouvelle fois le temps, comme rêvent parfois de le faire les voyageurs pressés, j’ai pensé aussi à ces fameux « regardeurs » de Duchamp qui n’en finissent pas de « faire le tableau » et au « Je est un autre » de Rimbaud que l’on convoque à tout bout de champs. Dans un accident sémantique usagé qui n’a pas crié « gare », je l’ai transformé pour la circonstance en « Jeu est un autre ». Car j’ai l’intention de jouer, où plutôt de faire jouer les usagers d’une gare au jeu à tiroirs des correspondances.

En leur donnant des feutres pour écrire sur mes peintures des messages aux usagers d’une autre gare, j’aimerais qu’ils puissent correspondre et se correspondre. Et, à travers ce mélange de textes et de contextes qui, comme le dirait Derrida, les fait « entrer en différance », je souhaiterais que l’évolution de mes peintures figure celles qu’ils ont entrepris sur le réseau ferré.

En me rappelant enfin que la gare de Perpignan était, d’après Dali, le centre du monde, je me suis penché sur la manière dont toutes les gares donnaient à voir, de la manière la plus aigüe qui soit, les enjeux d’un être ensemble contemporain parfois difficile. Symboliquement transposés dans mes peintures que j’envisage comme un espace social, je souhaite que les traces laissées au fil de mes étapes par cette foule de voyageurs s’y croisant fortuitement, se fondent en un éloge de la diversité et du partage. En pensant aux débris encore fumants de la gare de Madrid, j’espère proposer ainsi un moment de tolérance et d’ouverture.

Détail d’interventions réalisées lors de l’action Correspondances :

 

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